Journée de merde.
Et besoin d'air frais. Et de changements.
Et de câlins.
J'en déduis donc qu'aujourd'hui est une journée chocolat.
Définition :
Une journée chocolat est une journée déprime. C'est quand, le même jour, on insulte quelqu'un pour des conneries, et que le grand frère de ce quelqu'un vient vous voir pour vous dire que vous êtes une conne, et de vous demander de laisser son frère tranquille. Donc, vous avez les larmes aux yeux, et vous courrez vous réfugiez dans les toilettes. Les toilettes, cet endroit particulièrement approprié pour évacuez toutes vos larmes. On entre, on claque la porte, on ferme à clé, on s'assoit sur le couvercle. Souvent, on replie nos jambes et on pause la tête dessus. On se mord la lèvre pour ne pas faire trop de bruit en pleurant. On repense à ce qu'il s'est passé. On s'en veut. Et là, gros blanc. On se fout du monde. On se noit dans le noir. On est triste, et on en veut à tout le monde. Et puis c'est le réveil. Et on se dit que merde, ce matin j'ai pas mis mon masquara waterproof. Et que re-merde, il va falloir se diriger vers les salles de cours parce que la sonnerie a retenti. Alors on déroule la moitié du rouleau de papier toilette, et on s'essuie les yeux. Et on inspire fort pour se redonner du courage. On regarde une ou deux fois au plafond, pour rien, mais en général, on aime bien faire ça. Et on prend son courage à deux mains, et on ouvre tout doucement la porte qui nous a séparé du reste du monde juste le temps de quelques instants. On ose pas trop se regarder dans la glace, mais on y risque quand même un coup d'oeil parce que les traces de larmes noires, c'est pas ce qu'il y a de plus joli. On se rince le visage, tant pis pour le maquillage; et on retourne dans la classe. On marche doucement, et on n'oubie pas de baisser la tête. Très important, parce qu'on ne veut voir personne, et personne veut nous voir. On s'assoit tout au fond de la salle. On n'ouvre pas une seule fois la bouche. Quelques personnes nous demande si ça va, et on affiche ce fameux faux sourire, qui veut dire 'Non, mais jte dirais que si, alors sois gentil, trace ta route.'
On rentre chez soi. On n'a toujours pas dit un mot. Surtout pas. On a mal a la tête. Et c'est là, que, se démoralisant sur notre sort, on se dirige vers la cuisine, et on ouvre ce placard sacré dans lequel on conserve cette délicieuse invention que l'on ne s'autorise que pour ces journées où tout est maudit. On s'enferme dans sa chambre, et on se vautre sur son lit adoré. On repleure. On s'en veut. On est détruit. Et soudain, on se rappelle de ce que l'on tient dans la main... Cette tablette de chocolat. On se dit que c'est dommage de la laisser fondre ici, bêtement. Alors on ouvre l'emballage, et on entame la tablette. On se fout du régime qu'on a commencé il y a à peine une semaine. A chaque carreau, on se console un peu plus, en imaginant que l'on broit nos problèmes sous nos molaires. On se sent mieux. On sait que tout va se réécrouler plus tard, mais on efface, on oublie, on s'en fou.
Je sais que ça vous arrive aussi les journées chocolat. Ne dites pas le contraire, parce que je ne vous croirai pas, et j'aurai raison.